Preuve que de la libre entreprise découle automatiquement la démocratie, de préférence avec de gros glaçons de banquise dedans et un parasol au-dessus, le Guardian révèle ce matin qu’ExxonMobil a proposé de soutenir financièrement les experts du Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat.
Ce bel exemple de fair-play, le groupe pétrolier l’a humblement entrepris au moyen du célèbre bidon à idées du Competitive Enterprise Institute, que nos lecteurs connaissent déjà bien.
Ce dernier a proposé 10000 USD à plusieurs économistes et scientifiques participant au panel réuni cette semaine à Paris pour écrire des articles libres et rassurants indépendants. Le GIEC étant coordonné par l’ONU, une structure hautement socialisante, on craint en effet que les scientifiques ne soient soumis à des pressions populistes et démagogues.
L’apport d’un financement indépendant d’impératifs gouvernementaux ne peut dans ces conditions que favoriser la critique et la libre pensée - l’essence de la démocratie - et permettre de sauvegarder l’emploi des commerciaux de chez Hummer. Ces derniers ne sont-ils d’ailleurs pas un formidable vecteur de liberté en Irak ?
Les scientifiques semblent malheureusement trop atteints par la gangrène bolchévisante propre au milieu éducatif dont ils sont issus pour avoir été sensibles à la gentille offre du CEI.
La branche armée d’ExxonMobil envisage maintenant de changer de stratégie et d’accompagner les scientifiques plus en amont dans leur parcours professionnel. Si le RER B ne chie pas trop ce matin, un escadron de la mort devrait donc arriver à Orsay avec le PLAN de 9h31.