Un hommage de Fluide Glacial au génial réalisateur, qui a suffisamment souffert, flûte.

Je suis une mère, ce qui ne m’empêche pas d’être ouverte d’esprit. Mon Eléanore, du haut de ses treize ans, possède déjà des caractères sexuels secondaires bien affirmés. En voyant la façon dont la gent masculine la dévisage, et réciproquement, je prédis que les culottes « petit bateau » vont valser. Or, que peut-on souhaiter de mieux à une adolescente que de découvrir les joies de l’accouplement avec un homme expérimenté, fût-il polonais. Parce qu’il faut bien reconnaître qu’un adolescent boutonneux, à la voie semi-aigüe, a beau besogner de son mieux la demoiselle, il n’en reste pas moins un pathétique débutant malhabile du cierge.

Je ne comprends donc pas l’acharnement dont est victime le grand Roman Polanski. Pourquoi lui reprocher encore trente ans après son viol sa relation romantique avec une jeune mannequin de l’age de ma cadette, alors qu’il n’avait que 45 ans à l’époque ? Et puis zut : une palme d’or devrait automatiquement être livrée avec une immunité diplomatique. Un homme qui a été capable de réaliser « Le pianiste » devrait avoir le droit de coucher avec qui il veut, sans limites d’âge, de sexe ou même d’espèce. Il est épouvantable de lancer un traquenard à ce génie. Utiliser une tapette géante avec un gros trophée pour appâter l’artiste est une stratégie digne du plus mauvais film de l’histoire du cinéma français. J’ai honte pour la Suisse, et suis fière de ne compter aucun de ses citoyens parmi mes proches. Courage Roman, toute la Schola du cinquième arrondissement est avec vous.

Par Mlle Bulle Tropcassée.