L’armée américaine en Irak n’a pas mis longtemps à réagir à la plaisanterie un peu trop ambiguë de John Kerry sur le niveau d’éducation de son commandant en chef. Moins de trois jours après la remarque tendancieuse, l’état-major de la grande mâcheuse de chewing-gums avait en effet pris des cours accélérés d’histoire de l’art, prouvant ainsi qu’on pouvait bénéficier d’une éducation irréprochable ET être embourbé jusqu’au cou dans un merdier sans nom.
C’est ainsi que le major général William Caldwell, porte-parole des forces armées américaines en Irak, a déclaré à nos confrères de Beaux-Arts Magazine que l’Irak était « une œuvre d’art en gestation » , et qu’à ce titre il était normal que là, tout de suite, le pays ne ressemble à rien.
« Même les plus grandes œuvres d’art peuvent sembler confuses pendant leur réalisation, » a prévenu le critique éclairé. « Un tas d’argile peut devenir une sculpture. Des dégoulis de peinture deviennent des tableaux qui inspirent » a-t-il ajouté.
Il est par conséquent vain de mesurer les efforts de l’armée américaine à l’aune des violences actuelles : ce n’est que devant l’Irak de demain que l’artiste pourra être jugé.
On croit en effet discerner dans le travail en cours un soupçon de César et d’Otto Dix. Le raisonnement se tient.
Mise à jour : hautement compétitive, l’armée allemande aussi se lance sur le marché de l’art.