Economie
La Kervielmania touche la grande distribution
Après le licenciement pour abus de bien social d’une caissière des supermarchés Kaiser’s, un nouveau scandale financier défraie la chronique des têtes de gondoles d’outre-Rhin. Birgit H, caissière sans histoire du Lidl de Stuttgart-Sud, aurait sur trois ans fait perdre 17 321,67 € à son magasin, dont plus de 127,95 € détournés à son profit, au vu et au su de ses collègues.
Alertée par des cancans de cantine la voie hiérarchique, la Direction des Ressources Humaines a confondu la prévenue en la surprenant remettre subrepticement en rayon un collier fantaisie qu’elle avait porté toute la jounée.
Interrogée dans les cabines d’essayage de l’établissement, Birgit H. n’a pas fait sa fière et a craqué, tels ces petits sacs en plastique qui se déchirent aussitôt franchie la porte électrique du magasin et que vous pouvez bien pester, vous n’aviez qu’à mieux ranger vos courses, l’enseigne n’étant pas tenue de vous en fournir mais là n’est pas la question.
"Je voulais passer chef de caisse en me faisant bien voir de la direction. J’avais trouvé la combine : en oubliant de faire passer les packs de lait et les boîtes de Nesquick sous le lecteur de code barre, je pouvais servir les clients plus vite. La direction qui constatait le volume et la fréquentation fermait les yeux sur les chiffres qui ne suivaient pas : nous fonctionnons en flux tendu, ça dopait la logistique et c’est tout ce qui lui importait dans l’immédiat. Un jour, la compta m’a demandé d’où provenait ces trous dans la caisse. J’ai répondu que j’avais dépanné Beata en rouleaux de pièces de 10 centimes. Ils n’ont pas insisté. C’est alors que je me suis dit que je pouvais me servir au passage. Mais pas pour moi, non ! J’investissais tout chez le coiffeur et la manucure, toujours pour me faire bien voir et faire une meilleure publicité au magasin. Quand je n’avais pas le temps, je venais plus tôt au travail me passer un coup de laque ou de rouge à lèvres en me servant des produits en rayon que je reposais après usage. J’espérais me faire muter chef de caisse à Stuttgart-Nord pour être plus près de mon domicile, et faire la nique à ces snobs des caisses "moins de cinq articles".
L’étendue de l’escroquerie et la personnalité au-dessus de tout soupçon de cette Stavisky des codes-barre a laissé Hans-Gherard Vertrieb, le gérant du Lidl de Stuttgart-Sud, sans voix. Il n’a pu que bredouiller un : "Aber... aber... Warum ?"
[d’après Frankfurter Allgemeine Zeitung]
Cette escroquerie serait-elle une nouvelle affaire Kerviel qui cache la forêt Madoff ? Le récent pointage de dix-neuf rouleaux de papiers hygiéniques manquants dans les toilettes hommes du personnel du Géant Casino de Kronembourg, le laisse non seulement craindre, mais surtout entrevoir le spectre d’une internationalisation de cette crise.



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