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Le chômage : mythe ou réalité ?
Nouveaux chiffres désastreux : 45.000 quémandeurs d’emploi supplémentaires en décembre 2008, comme autant de calvaires pour les agents qui devront réceptionner ces cohortes de pleureuses siciliennes. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : 23.000 salariés au Pôle emploi, ça fait deux loosers mensuels par tête, soit des dizaines d’heures de gémissements intolérables. Ceci étant, on peut se satisfaire de voir la France d’en bas se peupler d’auto-entrepreneurs en puissance. Mais Brave Patrie a tout de même voulu jeter un œil inquisiteur derrière les chiffres, histoire de confirmer que l’argent de nos impôts est mal utilisé : la rédaction a donc testé le chômage. Édifiant.
2 février 2009, la rédaction reçoit l’appel en PCV d’un certain Richard W., statisticien officiel du Vatican réfugié en Amérique latine. L’expert est formel : "Il n’y a jamais eu aucun chômeur. C’est un mensonge qui vise à culpabiliser les allemands". C’est la consternation autour du combiné. Se pourrait-il qu’il ait raison ? Ni une, ni deux, nous décidons de mener l’enquête.
Heureux hasard, Brave Patrie étant touché par la crise au même titre que les autres grandes publications Nationales, il convenait de se séparer de quelques membres du menu personnel. C’est chose faite avec le licenciement de Kevin B. pour faute lourde, le bougre ayant envoyé des mails à l’inspection du travail depuis son bureau. Équipé d’une caméra embarquée et d’un CV bidon d’animateur culturel, il emprunte le chemin de la médiocrité : il va s’inscrire au chômage après un léger détour par le Conseil de prud’hommes.
Première constatation, et fait qui n’avait pas été porté à sa connaissance pendant son éducation gauchisante : son diplôme ne vaut guère plus qu’une carte de séjour sur le bureau d’Eric Besson. "Mon pauvre ami, fallait pas faire un master en sciences du comportement", lui dit-on. Certes, il eut été plus inspiré de faire une école de commerce, quoique personne ne le lui ait jamais conseillé, mais qu’importe : "tout le monde a droit à une seconde chance", formule qui constitue l’une des mamelles de la pensée du Président Nicolas Sarkozy.
Et quelques heures d’interrogatoire de bilan de compétences plus tard, notre licencié a droit à l’assistance d’un avocat, mais l’ambiance est tellement bonne qu’on tape le carton autour d’une Suze. L’agent du Pôle emploi se lâche : "J’ai un poste de manutentionnaire chez Auchan de 20h00 à 22h00, le samedi et le dimanche. Tu verras c’est un trottoir tranquille".
Stupéfiant. En une seule journée, notre enquêteur a donc décroché un emploi grassement rémunéré au sein d’une grande entreprise sans envoyer la moindre lettre de motivation. Depuis, il est hospitalisé pour quelques troubles musculo-squelettiques mineurs mais ne regrette rien de cette expérience : "Si j’avais refusé la proposition, mon mac m’aurait cassé les genoux". La preuve est donc faite que trouver un travail n’est pas si difficile : il suffit d’un peu de volonté et d’un SMIC horaire pour devenir un homme libre. De quoi on peut conclure que les chômeurs de longue durée sont vraiment la lie de la civilisation, et une incitation permanente au rétablissement de l’esclavage.
Il est regrettable que les chiffres du Ministère soient livrés sans une notice explicative qui rappelle que le gouvernement veille à filer du boulot à tout le monde et que le turn-over est optimal, pourvu que le demandeur d’emploi soit prêt à relever les nouveaux défis de l’économie moderne, comme par exemple soulever des sacs de ciment, manier une pelle, faire des frites, mettre un steak entre deux pains, ranger un rayon fromage, tirer un transpalette sur 200 kilomètres ou distribuer 20 minutes à la sortie du métro.
Impossible de rester plus de 24 heures sans travail, à moins d’être un funeste parasite responsable de l’explosion des déficits publics, et avec eux de la fiscalité. Ce constat chasse le mythe gauchiste du chômage durable et involontaire pour laisser place au ravissant spectacle de la fluidité du marché de l’emploi. Après tout, ce qui est grave, ce n’est pas de perdre son job, mais de ne pas en retrouver.



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