Ils refusent notre beau CPE...
Juan Marcos Von Braun
http://bravepatrie.com/article634.html, mercredi 22 mars 2006
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C’était il y a maintenant dix jours. Un dimanche soir. A l’heure où chacun, les yeux encore emplis des moments magiques offerts par l’émission Vidéo-Gag, porte son attention sur le journal télévisé de 20 heures pour glaner les quelques informations lui permettant d’être pleinement opérationnel et productif durant sa semaine de travail, notre Premier Ministre s’était adressé à la patrie, la regardant droit dans les yeux.
Le propos de son intervention télévisée : le contrat première embauche, familièrement appelé « CPE ». Un petit amendement de pure forme au projet de loi sur « l’Egalité des Chances ». Une broutille bêtement technique permettant à l’éditeur Dalloz d’économiser du papier dans sa prochaine publication du Code du travail - et de sauver ainsi 148 hectares de forêt suédoise, développement durable oblige. Et pourtant, déjà, à cette époque, les germes d’une critique s’étaient fait jour. « Précarité », « Discrimination anti-jeunes », « Emploi au rabais », « La Suède rien à foutre », et autres arguments égoïstes, n’avaient pas manqué d’être soulevés par certains mauvais esprits dont les intentions auraient alors dû nous inquiéter...

Mais M. de Villepin aura tenu bon pendant les vingt minutes d’une interview - exercice périlleux - conduite par une Claire Chazal retorse. Ne se laissant à aucun moment déstabiliser par l’impertinence fameuse de la journaliste militante, par ses questions pleines de sous-entendus hostiles, notre Premier Ministre avait esquivé avec talent les chausse-trappes dialectiques élaborées par les équipes d’analystes impitoyables qui composent la rédaction du « 20 heures » de TF1. Enchaînant des phrases parfaitement articulées, martelant sans relâche ses idées face à une présentatrice bien décidée à ne pas lui laisser la parole, agrémentant son propos d’exemples bien sentis et de tournures de phrases pas piquées des vers, M. de Villepin offrait, à la France qui bosse, la bouffée d’oxygène dont tentent trop souvent de la priver les éléments parasitaires qui dénigrent l’action de notre gouvernement.

A la lumière des ces instants de vérité, le triste spectacle auquel notre pays aura assisté impuissant durant ces derniers jours est proprement incompréhensible. Ne tournons pas autour du pot : la jeunesse est en passe de plonger notre patrie dans un climat insurrectionnel.
Le sang froid de notre gouvernement, soucieux de ne pas réprimer trop durement les errements actuels de notre progéniture, ne doit pas faire oublier les cadavres des CRS massacrés à la hache par des manifestants surexcités, les voitures brûlées par des militants lycéens déchaînés, et les papiers gras que ne manquent pas de laisser traîner derrière eux les grévistes qui défilent dans nos rues, perturbant sans vergogne la circulation automobile des honnêtes gens.
Mais peut-on seulement croire que nos enfants soient, naturellement, portés à de tels comportements extrémistes ? Comment admettre un instant que notre progéniture puisse, d’un seul coup, sans prévenir, ainsi défier le simple bon sens de ses aînés ? On le sait bien, les jeunes sont loin d’être des individus irréprochables : avachis baskets aux pieds dans des canapés tâchés de ketchup, ils consacrent les nombreux moments d’oisiveté qu’offre leur vie d’étudiant à s’adonner à des pratiques solitaires en s’abreuvant des utopies moisies distillées par Manu Chao ou Raphaël. Eternels fardeaux pour la société et leurs parents, aux cerveaux rendus stériles par la propagande collectiviste d’un corps enseignant jospino-stalinien, nos enfants sont, pensait-on, davantage bêtes que méchants. Mais alors, comment expliquer ce soudain accès de violence qui s’empare de nos jeunes ?
Comment expliquer que des citoyens en devenir se permettent de contester le contenu d’un amendement proposé un vendredi soir à 17 h 45 par un gouvernement tentant en catastrophe de rattraper quatre années de débâcle marquées notamment par une raclée référendaire et une éradication des ses présidents de conseils généraux et régionaux ou du moins ceux ayant survécu à la canicule, n’ayant pas recueilli l’avis préalable du Conseil d’Etat ni fait l’objet d’aucune concertation avec les partenaires sociaux et voté en employant l’article 49-3 par un parlement à la botte élu dans la foulée d’un président désigné par le peuple sur un malentendu avec un score plus suspect encore que celui de son homologue bielorusse de la loi, expression de la volonté populaire ?
Ne sont-ils pas l’objet d’influences néfastes émanant de groupuscules d’opposition aux intentions inavouables ? Se pourrait-il que, tapie dans l’ombre, une certaine gauche revancharde ose ruminer des ambitions électorales ? Ou pire encore, certains mouvements crypto-centristes n’oeuvreraient-ils pas à saper les efforts de notre majorité d’union populaire ?

Il est désormais impossible d’ignorer la ruse ourdie par les forces du déclin, ces partis politiques et ces syndicats que l’on avait cru rayés de la carte en 2002 et qui, fourbement, ont malgré tout continué à instiller leurs idées malsaines dans l’esprit de nos concitoyens les plus vulnérables : les enfants. Cette menace, dont Bravepatrie.com s’est toujours fait l’écho en se heurtant le plus souvent à une indifférence insouciante, est aujourd’hui bien réelle, et le vecteur de ce nouveau danger porte un nom : le jeune.