Comment douter des intentions condamnables d’Apple lorsqu’on sait que cette société a conçu volontairement - oui, vous avez bien lu, volontairement - le Macintosh, dont le design le disputait largement à une mini poubelle de tri sélectif. Tout ancien élève de la classe de 6ème B de monsieur Michu, professeur de technologie, a un souvenir douloureux des heures passées devant un écran grand comme un timbre-poste à apprendre les rudiments du traitement de texte, et des coups de cutters échangés entre camarades pour savoir qui pourrait s’amuser à dessiner des bites sous Paint sur le seul PC que l’éducation nationale avait bien voulu offrir à cette modeste école.

On croyait Apple perdu dans les années 90. Et on se disait que ça n’était que justice. Quelle entreprise pouvait prospérer en donnant des noms aussi cons à ses produits ? Et pourtant, la bête a survécu. Elle a su attirer le chaland avec de belles choses très chères. Et si c’est cher, c’est que c’est bien. Les acheteurs, trop fiers pour s’avouer qu’ils ont commis une lamentable erreur, soutiennent mordicus qu’Apple, c’est mieux. Mais la nuit venue, ils s’enferment à triple tour dans l’obscurité de leurs garages pour changer une carte graphique ou rajouter de la RAM, dans l’espoir que tout se passe bien. Et là c’est le drame, les cris, les pleurs : ils découvrent que ce qu’ils ont payé double est en fait un processeur Intel.

Apple, non content de gagner le marché du super-geek – le geek qui a de l’argent – s’est ensuite attaqué très bassement à un marché que tout le monde s’était pourtant implicitement interdit pour cause de fair-play : celui des femmes. Et voici venir les iPods et les iPhones, objets qui tiennent autant de la technologie que de l’accessoire de mode, un peu comme la mini cooper ou la mercedes SLK. Ça c’est vraiment pas réglo du tout. On a pas le droit de toucher aux femmes avec des produits réservés aux hommes. Dans un monde normal, ce sont les seconds qui choisissent pour les premières, parce que c’est noir et qu’il y a des boutons partout. Des molettes tactiles, je t’en foutrais, moi, des molettes tactiles. La seule molette tactile qui vaille se situe dans mon entrejambe.

Image 230 : Kennedy s’apprête à décrocher son iPhone

Mais voilà, l’odieux projet de domination de la firme californienne est percé à jour par quelques courageux sudistes qui ont perdu un oeil, une oreille ou une couille en secouant vigoureusement l’iPhone contre un mur de béton. L’iPhone se brise alors en des milliers de petits éclats de shrapnel qui pénètrent profondément dans la peau, alors que le LG Viewty se désagrège pour former une pâte molle et inoffensive. D’aucuns, alertés par cette découverte, ont précisément établi que l’iPhone est une arme de destruction massive et que Steve Jobs, qui ne supporte pas l’idée de mourir tout seul, a bien l’intention d’entrainer tout le monde dans le tombeau en utilisant la commande pomme-c pomme-q pomme-echap.

Voilà pourquoi il nous faut, ensemble, refuser. Refuser le contrôle d’Apple sur le monde. Refuser de mettre 300 euros dans un produit qui nous veut du MAL. Et à ceux, les malheureux, qui auraient déjà fait acquisition de ce vil ustensile, nous disons « réagissez ! ». Nous les exhortons à le ramener eux-mêmes jusqu’en Californie, et à le jeter dans la montagne de feu de Cupertino, là où il fut forgé.