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Pour George Bush, l’Irak rencontrera le même succès que le Vietnam

En déplacement au Vietnam à l’occasion du sommet Asie-Pacifique, le président américain estime que le formidable essor économique du pays prouve l’utilité d’un petit coup de pouce de l’Oncle Sam au bon moment. Un scénario qu’il espère voir se reproduire en Irak dans trente ans, les côtelettes de chat en moins.

Didier Kala
, lundi 20 novembre 2006 Cliquez sur l'une des icones ci-dessous pour enregistrer cet article sur votre plateforme favorite : Facebook iGoogle Mon Yahoo! del.icio.us Buzz! (Vous devez être inscrit sur les plateformes ci-dessus pour pouvoir y enregistrer cet article.)

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Tout vient à point à qui sait attendre : George W. Bush a retrouvé sa feuille de route vers le Vietnam, malencontreusement égarée sous un vieux stock de chalumeaux flexibles en vogue au début des années 1970.

George W. Bush a commencé sa tournée au siège de l’association des femmes battues de My Lai. Dans une rare rencontre avec des citoyens ordinaires, M. Bush a été ravi de trouver un auditoire inexistant. « Votre absence aujourd’hui, femmes battues de My Lai, démontre que l’effort des troupes américaines n’a pas été vain » a-t-il déclaré à l’homme de ménage occupé à épousseter un ossuaire.
Pour le président, l’accroissement de l’indice de bien-être et de la richesse au Vietnam découle directement de l’envoi par les Etats-Unis de conseillers conjugaux et fiscaux dans les années 1960 et 1970. Optimiste, il est convaincu qu’on peut tirer de l’épisode vietnamien des leçons applicables en Irak, tant les similitudes sont nombreuses entre les deux pays.

En effet, comme en Irak, la présence américaine au Vietnam avait à l’époque été violemment décriée (George Bush lui-même n’avait-il pas refusé de partir pour des motifs de conscience ?)
Un autre parallèle est troublant : les Viet Cong affectionnaient le pyjama et les chiites apprécient la chemise de nuit [1].
L’aspect le plus marquant de ces deux guerres, toutefois, est qu’elles avaient l’objectif avoué de promouvoir la libre entreprise et un marché ouvert et concurrentiel dans la région.
Trente et un ans après la chute de Saïgon, les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec 8,5% de croissance en 2005 et plus de 20% de ses exportations à destination des Etats-Unis, le Vietnam est une success story patente.

Cet exemple et la méthode inédite suivie par les économistes de la Maison Blanche, George Bush les a mis en avant pour faire passer le message à des Américains dubitatifs quant à sa politique moyen-orientale : « la patience seule nous permettra d’atteindre de tels résultats en Irak ».

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Déroutante au premier abord, la méthode américaine d’implantation de la démocratie semble porter ses fruits sur le long terme.

Et c’est bien la patience qui permet aujourd’hui à un président américain de se faire photographier sous un buste d’Hô Chi Minh, ou d’apprécier une promenade sur des petites routes bucoliques où courent encore des petits enfants nus dans une sarabande de rires cristallins.
Le moment le plus émouvant de la visite de George Bush a d’ailleurs eu lieu lors d’une telle promenade : passant à proximité de l’endroit où l’avion du sénateur John McCain - candidat malheureux à la primaire républicaine de 2000 - avait été abattu, suite à quoi il avait passé cinq ans dans les geôles vietnamiennes, le président a tenu à s’arrêter et à donner des cours de ball-trap aux paysans du coin, en échangeant quelques plaisanteries sur leurs yeux bridés qui les empêchaient de bien viser.
Ce geste, ce partage de savoir-faire qui signifie beaucoup pour un Texan, fût-il bidon, prouve bien que la tentative de fusion-acquisition des Etats-Unis sur le Vietnam a fini par porter ses fruits, malgré le scepticisme initial des marchés.

Ce conte de fées, cette exportation du rêve américain, George Bush y croit, et il nous invite à partager son optimisme. Empruntant à Sabine Herold l’une de ses plus célèbres citations et à Sanofi Aventis les effets miraculeux de l’Ambien, George Bush nous conjure d’entrer dans l’espérance : « A Bagdad comme à Saïgon, la révolution sera orange. »

Notes

[1] Le jeune GI qui rentre au pays dort pour sa part à poil dans un body bag. C’est une attitude beaucoup plus libérée, qui explique en partie la haine des fondamentalistes.

Réactions à Pour George Bush, l’Irak rencontrera le même succès que le Vietnam

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Déjà 14 réactions.

  • 20 novembre 2006 22:34, par James

    Juste Orange

    « A Bagdad comme à Saïgon, la révolution sera orange. »... comme l’agent du même nom bien sûr !

    Comme le dit le poète :
    “Comme jadis sur le delta du Mékong,
    Que mille B52s épandent sur les plaines de Mésopotamie,
    Les ineffables herbicides,
    Afin que repoussent les fleurs oranges de la démocratie.”

    Richard Chênaie (traduction libre de Georges Buisson)

    Voir en ligne : Orange 007

    Répondre

    • 21 novembre 2006 11:19, par Le Baron Noir

      Juste Orange

      Ah ! enfin un esprit délicat.
      Je vous conseille donc, pour parfaire votre culture sur le sujet, l’excellent Opus du collectif poétique avant-gardiste Ludwig Von 88, "Poussière d’Empire", qui conclut notamment sur cette merveilleuse expression de la pensée moderne occidentale décomplexée : "normal quoi, on n’a que ce qu’on mérite".

      Répondre

  • Je ne peux que saluer votre article tellement pertinent.

    Mais je me pose néanmoins une question.

    Après leur brillante réussite au Vietnam, fin avril 1975, les étatsuniens, pressés d’aller fêter leur victoire dans la mère patrie, s’entassaient, et se battaient même, sur le toit de leur ambassade à Saïgon, pour prendre place dans des hélicoptères qui les amenaient sur des navires US. Arrivés sur le pont du bateau, pour faire de la place le plus vite possible pour les hélicos suivant, on poussait à la mer les hélico, immédiatement après que le dernier passager l’ait quitté et peut-être, parfois, même avant. J’ai encore revu dernièrement des cassettes que j’avais enregistrées à l’époque, c’était impressionnant de voir la grandeur des USA en action. Quelle nation serait en mesure de faire cela à part eux ? Cela ne démontre-t-il pas, si c’est encore nécessaire, l’écrasante supériorité du système capitaliste, et surtout de son avatar nord-américain ? Trente, quarante, voire cent hélicos basculés à la mer, c’est tout ça de gagné pour l’entreprise (et les actionnaires de ladite) chargée du nouvellement. Grandiose, tout simplement grandiose.

    Dans le cas de l’Irak, il me semble qu’il va y avoir un problème. Lorsque le moment sera venu d’aller rapidement fêter la victoire au pays, que faire avec les hélicos ? La mer est loin, les "crasher" dans le désert ? Il me semble qu’il y aurait alors une injustice, les irakiens pourraient récupérer des pièces (tout comme les vietnamiens qui faisaient des coupes-papier et des jouets avec le métal des avions US abattus, j’ai un tel coupe-papier sur mon bureau), alors que les irakiens ont déjà la possibilité de récupérer l’uranium appauvri des obus US, en ne va pas, en plus, leur donner l’extraordinaire possibilité de récupérer des hélicos en ruine ! Non, il faut trouver une solution juste. Mais je suis sûr que l’ineffable George W. Bush, va trouver une solution.

    Répondre

  • 20 novembre 2006 16:38, par Honorable cadavre

    Pour George Bush, l’Irak rencontrera le même succès que le Vietnam

    Il n’y a que les actionnaires majoritaires de Texaco, d’Halliburton et l’auteur de ce site pour considérer la guerre comme autre chose que de la merde, du sang et des larmes.

    Faudrais voir à pas abuser du cynisme, c’est un voile un peu trop commode pour être tout à fait sain.

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    • 20 novembre 2006 20:51, par super resistant

      Les soldats font des crottes comme tout le monde

      du sang et des larmes je suis d’accord. Mais pourquoi de la merde ? N’abusons pas du cynisme ou de tout autre laxatif.

      Répondre

      • 21 novembre 2006 17:59, par Mangeur Vasquais

        Rectification

        Honorable Cadavre voulait surement dire du sperme, du sang et des larmes...

        Répondre

        • 22 novembre 2006 00:18, par super resistant

          rerectification

          Oh je comprends. Notez que je n’aime pas beaucoup cette ségrégation : comme si certains excréments avaient plus de valeur que d’autres ! Alors ajoutons le sperme, soit, mais ne négligeons pas pour autant le vomi, des crachats, l’urine, le pus, la cire d’oreille et les crottes de nez. Reprenons donc la phrase du respectable trépassé : « pour considérer la guerre comme autre chose que de la merde, du sang, des larmes », du vomi, des crachats, de l’urine, du pus, de la citre d’oreille, des crottes de nez ou l’ensemble des excréments passés ou à venir que notre merveilleux organisme est capable de (dé)composer. Bon. Voilà.

          Répondre

  • 2038 : le monde a changé. La Chine est la super-puissance et nous mangeons tous les jours des beignets de chats aux poupées Barbies™. Les prolos chinois sont gras et gros et même au chômage. Leurs patrons délocalisent en Irak, pays accueillant et main d’oeuvre (enfin, pour les mains, pas toujours évident à cause des grenades explosées) abondante. Incroyable.

    Répondre

  • 20 novembre 2006 15:36, par Silvio Musso les Nids

    Et en Ukraine ?

    La révolution fut orange là-bas aussi. Mais maintenant, ils rient jaune. Tandis que les jaunes du Vietnam sont rouges.

    Répondre

    • 29 novembre 2006 21:10, par famille Berlue-Sconi

      Et moi

      Et moi je suis vert.

      Répondre

  • 20 novembre 2006 13:33, par un patriote anonyme

    brevet

    c’est étonnant que les usa n’aient pas encore breveté leur méthode d’essorage économique.

    Répondre

    • 1er février 2007 19:28, par un patriote anonyme

      brevet

      joli !

      (c’est mon premier message sur ce site et je m’aperçois que l’on est obligés d’écrire au moins dix caractères pour que le message soit validé !!! Mais de qui se moque t-on ? bande d’incompétents)

      Répondre

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