Nicolas aux prises avec Mai 68.

Feu Mai 68 qu’il crève et son cortège nauséabond de leitmotiv narco permissifs qui ont fleuri à l’envi pour saluer l’avènement de la liberté totale ont érigé le Juge d’instruction en héros de l’indépendance de la Justice.
Il n’y a qu’à se rappeler le slogan de Charly « le rouge » de Montesquieu qui a marqué collectivement toute une génération de magistrats syndiqués : « Il y a, dans chaque État, trois sortes de pouvoir : la puissance législative, la puissance exécutrice des choses qui dépendent du choix des gens et la puissance exécutrice de celles qui dépendent du droit civil. […] Lorsque, dans la même personne ou dans le même corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n’y a point de liberté ; […] il n’y a point encore de liberté, si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice. » (slogan scandé lors des manifs sur le refrain de « Toto ! salaud ! le peuple aura ta peau ! ») pour saisir l’ampleur de ce qui résonne comme un bon coup d’bourre pif à la face de l’État de Droite.
Comment, dans de telles conditions, peut on maintenir un niveau satisfaisant de rétrocommissions ne serait-ce qu’un semblant d’Ordre et de Sécurité ?
La réponse est simple : on ne peut pas. Le juge rouge doit donc être supprimé.

Nicolas présentant ses bons vœux à un juge d’instruction.

Probablement ému par l’idée d’associer son nom à une Réforme par la justesse des propos tenus lors de la rentrée solennelle de la Cour de cassation, Rachida Dati, cherche encore ses mots pour exprimer son soutien au projet présidentiel.
Muette d’exaltation, son soutien s’est fait dans la langue des signes. Un soutien verbal sans faille du Gouvernement à la pensée d’après-rasage matinal du président de l’Europe à toutefois été mis à la disposition des biens entendants par l’entremise des déclarations du Ministre du poker et de la relance de 10 ainsi que du Ministre des seconds porte-avions en allumettes et pinces à linge.
Bien évidemment, cette idée proposition loi ne fait pas l’unanimité. En effet, dès que l’on commence à évoquer la mise en bière de l’indépendance du Troisième Pouvoir ne serait ce qu’un micropoil de cul de Réformette judiciaire, ça hurle de partout, les magistrats déchirent leur robes et les greffières se jettent par terre. Aussi, pour éviter l’émeute, des termes succincts, taillés dans la fermeté et emballés dans une formule choc, ont permis à Bernard Accoyer de rassurer durablement la population :
« la réforme devra passer devant Patrick de Carolis le parlement ». Le débat est clos.

Nicolas réformant l’État.

Le Peuple bravepatriote, principal concerné par cette justice d’exception qui bafoue ses libertés en multipliant les gardes à vue abusives, en farfouillant sur présomption, et en déférant à tour de bras, se demande, avec le bon sens qu’on lui connait et qui le caractérise, pourquoi se cantonner à un seul type de juge ?
Force est de constater que l’on perd un temps fou en procédures avec ces procès fleuves qui se prolongent d’année en année à grands coups d’instructions et d’appels injustifiés. Ému par la forêt primaire d’Amazonie affligée d’un gros trou disgracieux et ce, afin d’élever des montagnes de papiers rédigées dans un langage abscons, tout ça pour pour au final faire pfuiiit ou simplement disparaitre, le bon peuple fait des rêves humides de justice rapide et efficace. Notre Président est bien sur sensible à ce que demande le Peuple, mais déjà une nouvelle Réforme l’appelle vers d’autres rêves humides à satisfaire.