Société

Saint-Sylvestre : Nicolas Sarkozy a maté la racaille des banlieues

Juan Marcos Von Braun, mardi 3 janvier 2006 - 18:29 Partager sur Facebook Tweeter Enregistrer sur del.icio.us Enregistrer sur Google Bookmarks Enregistrer sur Yahoo! Envoyer par e-mail

Ce sont les événements qui font les grand hommes. Ce sont les circonstances qui dévoilent le génie qui leur est propre. Les récentes émeutes urbaines ont révélé, à qui en doutait encore, que Nicolas Sarkozy est l’homme providentiel que notre bravepatrie attendait pour parachever son redressement national.

Faut-il voir dans le calme plat qui a marqué la nuit de la Saint-Sylvestre le simple effet de la présence discrète de plusieurs milliers de gendarmes et policiers veillant à la paix et la sécurité dans nos banlieues ? Faut-il considérer que la mobilisation de huit hélicoptères de police a suffit à empêcher que ne s’embrasent de nouveau les quartiers de notre patrie toujours placés sous le joug de municipalité rouges ? Serait-ce le survol continu en cette nuit du 31 décembre de la cité des 4000 par deux Mirages F1 chargés de bombes à fragmentation qui aurait permis aux honnêtes gens de ne point craindre pour leur sécurité et celle de leurs biens en cette veillée festive ? Doit-on attribuer à la seule présence rassurante du sous-marin nucléaire Le Triomphant mouillant dans le canal de l’Ourcq le succès manifeste de notre gouvernement en matière de lutte contre la délinquance en cette nuit de réveillon que certains médias défaitistes annonçaient comme apocalyptique ?

Certes non.

Cette paix retrouvée dans nos banlieues, cet ordre restauré dans les quartiers rebelles à la loi, ne doit rien à quelques mesurettes techniques de bas étage. Cette sérénité qui désormais habite chaque âme bravepatriote émane d’un homme, d’un seul : Nicolas Sarkozy, notre bien-aimé ministre de l’Intérieur. Nicolas Sarkozy, ce rempart protecteur d’1 m 56 de notre société contre la chienlit des mafieux barbus polygames altermondialistes qui oeuvrent à chaque heure à saper les fondements de notre nation patrie république. Nicolas Sarkozy, ce concentré de détermination, ce bloc de volonté sans faille, cette réserve d’énergie propre à alimenter les plus riches desseins de notre pays.

Nicolas Sarkozy.

Ou plutôt « Nicolas », comme l’appellent affectueusement nos grand-mères, reconnaissantes envers ce gendre idéal grâce auquel elles peuvent désormais se rendre seules à la BNP de Levallois retirer mensuellement les rentes tirées de leurs actions Total, sans plus jamais craindre d’être dépouillées et violées en chemin par le premier rastaquouère venu.

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La rédaction de Bravepatrie rappelle à ses lecteurs que la dégradation de biens publics par le biais de tags ou graffitis est passible de 300 000 francs d’amende et trois ans de prison. Mais bon, ça ira pour cette fois.

Ou encore « Nico », ainsi que se plaisent à le nommer les jeunes cadres dynamiques issus de nos plus brillantes écoles de commerce, tout à la fois avant-garde et franc-tireurs de notre bravepatrie sur le champs de bataille de l’économie mondialisée, voyant en lui ce grand frère, ce « pote » dont il savent qu’il fera tout pour empêcher la combustion de leur Audi A4 sur le parking de la gare de Saint-Germain en Laye, leur permettant de partir l’esprit tranquille à la conquête de nouveaux marchés.

Ou même « Nick’ », pour reprendre le surnom complice que lui donne cette collégienne de Meudon, le regard coquin, se mordant la lèvre inférieure en caressant du bout du doigt un téton naissant. « Nick’ », incarnation d’une virilité retrouvée pour une jeunesse que l’on avait crue châtrée par 20 ans de matérialisme dialectique. « Nick’ » grâce auquel nos enfants peuvent enfin sortir leur I-Pod tout neuf dans la cour de récré sans craindre d’être l’objet de racket ou de tournantes. « Nick’ la police », parfois aussi, pour ces jeunes des banlieues qui ont grâce à lui retrouvé l’espoir et l’acclament sur son passage.

Car Nicolas Sarkozy est un acteur de terrain : en ce 31 décembre, ses hommes ont pu s’en rappeler, en le voyant descendre de son Hummer de fonctions à la rencontre de la 12ème brigade de gendarmerie mobile stationnée boulevard Georges Marchais à Bagnolet (93). Un chef au contact de la troupe, qui, juché sur deux packs de 52 Kronenbourg empilés là par un brigadier prévoyant, donnera successivement l’accolade républicaine à tous ses compagnons d’armes d’un soir défilant un par un à son contact, à ces poilus et à ces zouaves de notre 21ème siècle de terreur, ces hommes tout simplement, avec lesquels il était bien décidé à veiller jusqu’à l’aube

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Bagnolet 03h25 : dans une timide démarche de rapprochement inter-ethnique, Nicolas Sarkozy (à gauche) emmène ses hommes, sur le qui-vive, dans un restaurant kébab.

Cette Saint Sylvestre fut toutefois frustrante pour notre bien-aimé ministre de l’Intérieur, qui n’aura finalement pu en découdre avec l’ennemi, malgré une longue nuit d’attente, l’oreille aux aguets du moindre crépitement de son talkie-walkie. La racaille n’est pas venue. La racaille n’a pas osé. La racaille a eu peur. Ce n’est qu’à 6h30 du matin, seul avec sa troupe dans ce Désert des Tartares urbain et glacial, que Nicolas Sarkozy s’est autorisé à proclamer sa victoire totale et définitive sur les barbares qui enflammèrent notre beau mois de novembre. Porté par ses hommes jusqu’à la green-zone de Saint-Mandé où l’attendaient les journalistes, notre héros s’est toutefois refusé à tout triomphalisme, et a aussitôt relativisé l’ampleur de son succès, en se contentant d’un communiqué laconique et modeste essentiellement motivé par un souci d’apaisement.

« Il n’y a pas lieu de pavoiser ; j’ai simplement fait mon travail en protégeant la sécurité des français. Le calme relatif de cette nuit de réveillon n’a qu’une seule explication : les crevures qui habitent ces quartiers de non-droit sont des petites bites, sans couilles au cul, qui la ramènent pas dès qu’il y a du répondant en face. »

Des propos rassurants mais fermes, qui laissent espérer une année 2006 plus sereine.

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