Nicolas "Sex Toy" Sarkozy n’aime pas ménager la bête avec d’interminables préliminaires et serait plutôt du genre à laisser la vaseline dans le tiroir de la table de nuit. Il en a fait son leitmotiv : parler vrai aux Français quitte à leur exploser la rondelle. Douloureux et boursouflés, ils retournent honteux dans leurs casemates sans oser porter plainte.

Monsieur de Nagy-Bocsa a encore exhibé cette franchise rocco-siffredienne bien à lui à l’occasion des vœux présidentiels : "2008 fut une année de merde et 2009 le sera au moins autant" a t-il déclaré en substance. Voilà qui devrait achever d’anéantir les quelques espoirs que certains plaçaient encore en l’avenir, et pousser au suicide les éléments génétiquement prédisposés.

Nicolas Sarkozy est par ailleurs, on ne le répètera jamais assez, un mâle pragmatique. Il n’aime pas s’embarrasser de ce qui est inutile, comme par exemple les fonctionnaires, ou encore Cécilia. Mais cette ferme et chaude volonté de rationaliser tout ce qu’il touche s’étend également à sa propre politique. "Nous devons travailler plus" a-t-il martelé. La formule "travailler plus" a tout de même plus de gueule sans les basses considérations matérielles qui la polluaient auparavant, sans cet abject "gagner plus" qui en cette période de crise évoque un capitalisme débridé que les Français dégueulent, à fort juste titre. Voilà qui ne mange pas de pain et n’empêchera pas les réfugiés politiques en Suisse de poursuivre leur programme humanitaire.

Marc Dorcel produira les vœux présidentiels pour 2010 (photo en avant-première)

Enfin, dernière giclée présidentielle qui retiendra notre attention, le concept ambitieux de "nouveau monde" qui succède à celui de "politique de civilisation". Si en soi la chose ne signifie foutrement rien, elle laisse cependant place à l’imaginaire débridé des bravepatriotes et en cela constitue la meilleure des nourritures spirituelles pour affronter les épreuves de l’année à venir. On entend déjà la country music ; on voit déjà les grands espaces, les convois pionniers de chars Leclerc pourchasser les indiens jusqu’en Algérie et ainsi parachever une œuvre civilisatrice suspendue il y a quelques années.

Bref, Nicolas Sarkozy a une fois encore soufflé son haleine chaude sur la nuque des Français, qui s’y habituant finiront par développer une formidable élasticité, digne des calamars surgelés d’une cantine scolaire. La prochaine tournante gouvernementale promet de passer comme une lettre à la poste : chaque ministère prendra soin d’astiquer au préalable ses plans de rigueur.

Les sacrifices ça fait mal, mais avec le glamour Président Sarkozy, les Français en redemandent.