Hubert-Aymeric Pynchon découvre très tôt sa vocation en compilant, dès 9 ans, les listes de Bolcheviques pour son oncle rédacteur à Je suis Partout et celles des Miliciens pour le beau-frère de sa tante, typographe à L’Humanité clandestine - oui, il y a toujours un mouton noir, même dans les meilleures familles...
D’une intelligence somme toute vive étant donné son jeune âge, il comprend rapidement tout l’intérêt qu’il y a à médire de ses contemporains pour peu que cela se fasse depuis un bureau chauffé en hiver et bien aéré l’été. ...Et qu’on sente à temps le vent tourner.
Abreuvé aux meilleures sources, et doté d’un carnet d’adresses nourri dont beaucoup sont malheureusement morts en déportation ou exécutés à la Libération, il se fait fort, l’après-guerre venue, de décrocher des postes dans les rédactions les plus prestigieuses de l’époque.
La Gazette d’Auteuil, Jour de France et Le Journal de Mickey dans lequel il veille particulièrement à l’éradication de toute pensée subversive, le voient ainsi déambuler dans ses costumes croisés obtenus auprès des meilleurs faiseurs et qui font se pâmer les jeunes standardistes.
Il devient vite grand reporter, n’hésitant pas à payer de sa personne pour peu que le trajet s’effectue en première. Il fraie ainsi avec les barmen des plus grands palaces du monde, laissant généreusement des pourboires royaux aux frais de la princesse.
Enfin, à l’âge où tant de ses confrères se préretraitent en acceptant des piges pour Notre Temps, il retrouve un second souffle en rejoignant la rédaction de Brave Patrie. Le ton, la noblessse de la cause, son attrait pour les nouvelles technologies, son goût de la vraie vérité vraie et l’âge des secrétaires achèvent d’emporter son adhésion au projet.
Et dire que mes amis m’appelaient depuis longtemps "Hu-Aym Pé"... C’était prédestiné...