Le théorème d’Archimède est universel : tout corps plongé au milieu des coraux balinais provoque une poussée en sens inverse égale au poids de Jean-Louis Borloo. Cette poussée se manifeste aujourd’hui dans les jardins de l’Elysée, ce qui est révélateur du caractère mondial de la crise climatique.
En effet, l’administration présidentielle a annoncé des mesures visant à assurer la neutralité écologique du mandat de M. Sarkozy. Le principe est maintenant bien connu des Français : on calcule ses émissions annuelles de gaz à effet de serre, et on plante des arbres.

« Noël à Louxor matraque le castor » : chassés par la montée des eaux, les sympathiques rongeurs doivent se réfugier dans des biotopes auxquels ils ne sont pas adaptés.

Si le modèle semble limpide sur le papier recyclé, de nombreuses contraintes font que son application est quasiment impossible. La pression immobilière parisienne, d’une part, est telle qu’il serait ruineux de convertir une partie du VIIIème arrondissement en forêt vierge. Cela, un pays en état de quasi-faillite ne peut se le permettre.
D’autre part, il n’est guère possible de planter ces arbres ailleurs : si Nicolas Sarkozy est un jet-setter accompli, c’est quand même de Paris qu’il décolle la plupart du temps. Quand bien même, la Terre ne disposerait pas d’assez d’espace. Si chacun des six milliards d’habitants de la planète devait vivre dans la dignité, c’est-à-dire au moins avec un home cinema de diagonale supérieure ou égale à 107 centimètres, son empreinte écologique serait telle que l’humanité aurait besoin de six Terre pour subvenir à ses besoins.
Dans ces conditions, planter un grand nombre d’arbres est irresponsable et peut provoquer des ruptures de stock à Darty.

Face à ce dilemme apparemment insoluble, les experts environnementaux de l’Elysée ont réfléchi en dehors de la boîte, en réévaluant les émissions de gaz carbonique du président.
Tout d’abord, M. Sarkozy voyage très peu avec les moyens de l’Etat. Compenser un Paris-La Valette ou un Paris-Louxor est donc une tâche qui incombe à M. Bolloré, et non à la République. Par ailleurs, si l’on en croit l’air constipé qu’il arbore fréquemment, Nicolas Sarkozy ne pète pas. Or le méthane émis lors de la flatulence a un impact 23 fois supérieur au CO2 sur l’effet de serre.
C’est ce dernier chiffre qui a été retenu comme base de calcul : il serait possible de compenser l’empreinte cabron du président en plantant des arbres de taille 23 fois inférieure à celle d’un arbre normal.
Soit un bosquet de bonsaïs.

Elégante et économique, cette solution joint l’agréable à l’utile puisqu’elle permettra en effet aux horticulteurs du Palais de savoir à tout moment si M. Sarkozy se promène dans le jardin, et ainsi d’éviter un regrettable accident de tondeuse à gazon tel que celui qui avait prématurément mis fin à la présidence de Paul Doumer.