Le groupe TF1 a annoncé hier son intention de racheter la totalité des parts du quotidien gratuit Métro. En verticalisant son offre media de l’antenne de télévision jusqu’au sous-sol, TF1 propose enfin une gamme de produits capable d’atteindre 99% de la population.

A l’heure de la convergence [1], l’absence de TF1 dans la presse généraliste pénalisait le titre face à ses concurrents internationaux directs.
C’est chose réparée depuis que le groupe a déclaré souhaiter monter à 100% au capital de Métro (il en détient aujourd’hui 34%). Selon Beate Schlika-Zlika, analyste chez F*K-U Capital Management, les marchés devraient répondre favorablement à l’annonce : « Il manquait clairement du papier en bout de chaîne pour que les investisseurs se sentent capables d’agir et de garder les mains propres. »

Une maquette plus claire devrait rendre plus accessibles les sujets de société complexes.

On reconnaît chez TF1 que l’ajout du titre au portefeuille du groupe permet d’étendre son influence à un segment de la population précédemment difficile à atteindre.
« Notre produit phare, le JT de Jean-Pierre Pernaut, était malheureusement inaccessible aux urbains salariés à plein temps. Grâce à cette acquisition, ils pourront dorénavant renouer avec des valeurs saines et pittoresques » déclare ainsi Jean-Claude Dassier, le directeur de l’information de la chaîne.
Selon M. Dassier, la maquette de Métro sera par ailleurs profondément clarifiée de manière à ressembler à un roman-photo. « Mais attention : tout en couleurs ! Nous offrons du rêve ! » précise-t-il.

Il faut enfin noter que cette montée en puissance du groupe contrôlé par Martin Bouygues renforce le pluralisme de la presse d’information gratuite du matin. Jusqu’alors, seuls les gratuits vespéraux étaient concernés, grâce notamment au titre DirectSoir, édité par le groupe de M. Bolloré.
Ce rafraîchissant sursaut démocratique garantit la meilleure information possible à la veille de l’élection présidentielle de 2012.