Economie

L’auto-entreprise : le point de croix au secours des classes moyennes

Alfred-Georges, jeudi 18 décembre 2008 - 13:54 Partager sur Facebook Tweeter Enregistrer sur del.icio.us Enregistrer sur Google Bookmarks Enregistrer sur Yahoo! Envoyer par e-mail

Les Français, c’est bien connu, sont de pitoyables loosers. Ils se plaignent constamment et méconnaissent les joies de la prise de risque, préférant se vautrer dans le salariat, misérable condition qui secrète inévitablement le pus syndicaliste, forme d’intrusion islamo-gauchiste dans cette belle mécanique qu’est l’entreprise. Créer, créer, encore créer, voilà ce qui devrait être le leitmotiv de tout être vivant sur cette planète, plutôt que de vivre piteusement au crochet d’un pauvre patron qui s’en sortirait beaucoup mieux sans employés, sans charges, sans revendications d’un autre âge comme les « congés payés » et autres absurdités qui font obstacle à l’optimum de productivité.

Si la robotisation du travail, espérons-le, devrait solutionner ce problème sociétal majeur qu’est le parasitisme salarial, il n’en reste pas moins qu’il faudra, à un moment donné, procéder à l’atomisation des masses en leur inculquant le salutaire esprit d’initiative. A défaut, nous constaterons tristement l’inévitable multiplication des chômeurs et autres Rmistes, dont le seul projet de vie est de profiter des richesses que produisent les laborieux patrons à la sueur du capital. Le processus est en marche : les salariés sont heureusement une espèce en voie de disparition en cette période charnière où la main invisible leur met de grandes tartes dans la gueule. Cependant, le résultat espéré ne sera atteint qu’après une période de transition, durant laquelle la lente précarisation des salariés leur interdira de consommer, ce qui est, on le sait, très mauvais pour les riches.

C’est ainsi que Christine « Happy face » Lagarde, en coopération avec Laurence Parisot, spécialiste incontestée des problèmes de précarité, a prévu des dispositions ambitieuses dans son projet de loi de modernisation du bouzin, à commencer par la création d’un nouveau statut de l’entrepreneur autoproclamé (ou auto-entrepreneur) qui permettra à tout salarié d’arrondir ses fins de mois et à terme, de vivre dans l’opulence des fruits de son activité indépendante. La mesure prendra effet au 1er janvier 2009. Fiscalité simplifiée, exonération de taxe professionnelle, création facilitée, tout pour que le salarié qui voit ses revenus décroître puisse se lancer en parallèle dans sa propre activité, puis se planter. De la manière, c’est encore une promesse que le président de Nagy-Bocsa peut rayer de sa liste longue comme trois ou quatre bras (ça, c’est fait) : « tout le monde a droit à une seconde chance, mais pas à une troisième ». Aussi, lorsque l’entrepreneur autoproclamé aura lamentablement échoué et que les huissiers auront tout pompé pour renflouer les caisses des banques de l’Etat, il pourra recommencer jusqu’à ce que suicide s’en suive, favorisant par là même la fluidité de la transmission successorale. C’est beau comme une montre suisse.

Christine Lagarde ne cache pas son enthousiasme : « J’en ai des bouffées de chaleurs. La France deviendra un pays de patrons : fini l’exclusion, on se sentira enfin chez nous. Tout français pourra créer sa boîte en quelques clics et faire sa pub sur Facebook ». A n’en pas douter, des milliers de clients afflueront aussitôt pour faire appel aux compétences mondialement reconnues de Monsieur Pichon, responsable des achats chez Norauto Romainville, déjà inscrit sur le site de son CFE en tant qu’entrepreneur autoproclamé : « Toutes les grosses boites de France et de Navarre s’arracheront mes services de formateur-consultant et je roulerai en Porsche Cayenne dans les jours qui suivront ». Aux défaitistes cryptocommunistes qui font remarquer à Madame Lagarde que tout le monde ne peut pas devenir consultant ou coach à la con, elle répond sans ciller : « Et bien les autres pourront monter leur entreprise de vente et fourguer des produits manufacturés qui partiront comme des petits pains. Je suggère le canevas ou la dentelle qui ont beaucoup de succès chez les touristes japonais. Une ou deux heures de point de croix le soir en rentrant du bureau, ça fait du bien au pouvoir d’achat ».

Bref, une initiative que nous ne pouvions manquer de porter à l’attention du vrai entrepreneur, inquiet de la baisse du pouvoir d’achat des autres qui, éventuellement, pourrait ralentir la croissance du sien : le gouvernement fait tout pour que le français d’en bas et du milieu ait toujours un ou deux euros pour consommer quelque chose, n’importe quoi, mais quelque chose. L’économie bravepatriote, à défaut d’être relancée, sera au moins maintenue en coma artificiel. Voilà qui est le gage de lendemains qui chantent.

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"des richesses que produisent les laborieux patrons à la sueur du capital" Je note ça dans mon best-of des phrases trouvées sur le net ! Génial. Bien à (...)

H.W.

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