Le Conseil d’Etat a annulé le mois dernier pour vice de forme l’inique instruction menée par le parquet d’Evry contre Xavière Tiberi. Dans le même temps, Hubert Dujardin, le procureur dont la folle inconséquence avait coûté un aller-retour Issy-les-Moulineaux / Katmandou en hélicoptère au contribuable en 1996, est menacé de sévères sanctions par le Conseil Supérieur de la Magistrature.
Mme Tiberi pourra, si elle le désire, récupérer auprès du même contribuable les 33000 euros d’honoraires honnêtement gagnés dont de tristes juges l’avaient dépouillée.

Au-delà d’un acte fort de réhabilitance de la valeur travail, cette décision met le hola à une insécurité grandissante dans la communauté des conjoints et conjointes d’élus. Que ces derniers soient responsables devant le public, nous pouvons l’admettre, mais que leurs familles soient ainsi exposées à l’œil obscène d’une France d’en-bas avide de potins, ragots et commérages, et bien cela est inacceptable.
Madame Tiberi a-t-elle brigué un poste public ? Pas que nous sachions. Madame Tiberi est certes l’épouse d’un des plus proches amis du président de la République, mais doit-elle payer pour ces années de blanchi lessives, de repassage et d’élevage d’enfants dans l’ombre de son illustre mari l’amer prix de voir leur nom traîné dans la boue ? Le Conseil d’Etat a fort limpidement refusé cette injustice, et délivré un message clair à ceux qui voudraient livrer aux chiens l’honneur de certains : laissez à nos élus un jardin secret, une part de vie privée.
La ridicule affaire Xaviere Tiberi, si elle avait été poursuivie jusqu’au bout de sa logique absurde, aurait-elle vu, au nom des liens sacrés du mariage et par amalgame rapide, M. Tiberi interrogé sur d’autres prétendus emplois fictifs ? Nous ne le saurons pas, et c’est tant mieux pour notre système judiciaire qui jamais, au grand jamais, ne doit devenir l’obscène peep-show aux relents de gros sous que certains petits procureurs aigris appellent de leurs vœux.

La politique de bon sens de M. Perben, qui consiste à faire mettre les patins aux magistrats quand ils vont sur le parquet, commence à porter ses fruits. En récusant ainsi une initiative purement politique destinée à atteindre par livret de famille interposé l’un des confidents amis du président Chirac, les plus hautes autorités affirment définitivement l’indépendance de la justice en France.
Elle cesse d’être l’outil personnel de certains politiciens véreux de gauche, pour enfin servir les intérêts du plus grand nombre, c’est à dire du peuple de notre brave patrie, et même, dans ce cas, de la Francophonie toute entière.
Espérons seulement que cette dernière saura se remettre des sept années de retard qu’une instruction faite de courants d’air ont fait prendre au Raport sur la Francofonie de Mme Tiberi.