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Un géant de la sitcom s’en est allé

Alfred-Georges, samedi 29 mai 2010 - 00:46 Partager sur Facebook Tweeter Enregistrer sur del.icio.us Enregistrer sur Google Bookmarks Enregistrer sur Yahoo! Envoyer par e-mail

Gary Coleman, qui restera dans nos mémoires l’incarnation du virevoltant Arnold, n’est plus. Il trône désormais au Panthéon des acteurs de télévision qui ont bercé nos jeunes années.

Arnold et Willy, ou comment familiariser les jeunes générations avec les problématiques de l’intégration de l’immigré africain de 36ème degré, fut un irremplaçable et irremplacé message d’amitié entre les peuples. Tous les enfants que nous étions et sommes restés dans nos cœurs se souviennent avec émotion de cette célèbre réplique marquant avec force l’incompréhension du jeune individu de couleur face à la complexité d’un monde créé par l’homme blanc, et prononcée dans la VF avec un accent qui sentait bon le temps béni des colonies : « Mais qu’est ce que tu me wacontes là ? ».

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Les friandises, redoutable technique belge que Monsieur Drummond maîtrisait à la perfection.

Ces mêmes enfants se souviennent encore de la niaiserie attendrissante mais non moins dangereusement universaliste des paroles d’un générique qui, depuis l’an 2000 et la découverte de l’évidente filiation entre antiracisme et fascisme, fait figure d’appel à la révolution nationale-socialiste et/ou l’aide au séjour irrégulier sur le territoire National :

« Personne dans la vie ne choisit sa couleur
L’important c’est d’écouter son cœur
Si celui qui te paraît différent
Très bien, c’est le sien
Tu as le tien et j’ai le mien !
Alors donnons-nous la main.
 »

Arnold et Willy, ou l’histoire du sympathique Philip Drummond, riche industriel, adoptant deux frères noirs au grand dam de sa fille Virginia, beaucoup moins tolérante, à tel point qu’elle préfèrera la coke et le porno à la douceur de ce foyer recomposé dans un patchwork, il est vrai, pour le moins inattendu.

Philip tentera en vain de sortir Arnold et Willy de leur condition de délinquants congénitaux, démontrant l’émouvante et naïve propension de l’homme blanc des années 80 à fraterniser avec celui qui, décidemment, n’entrera jamais dans l’histoire sinon par la porte d’une salle d’audience.

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Gary Coleman vit ses derniers instants. Bientôt, il va suffoquer.

Le malheureux Willy sombrera dans la toxicomanie puis dans le protestantisme. Quant à Arnold, il sera plusieurs fois condamné pour violences à l’encontre de ses fans et de son épouse. Arnold, quoique de petite taille, n’en disposait pas moins de la constitution athlétique naturelle de l’homme noir et d’une détente lui permettant d’asséner de redoutables coups de boule.

Enfin, Arnold de perdre les élections au poste de Gouverneur de Californie contre son puissant homonyme, incarnation de la virilité et de la domination prochaine de la machine-outil sur le salarié.

Une vie torturée que celle d’Arnold, une vie jalonnée d’échecs, impossible extraction du paysan d’Afrique noire du rythme langoureux des saisons et du travail de la terre. Mais notre Arnold, si sympathique Arnold, en dépit de ses erreurs, nous manquera. Repose en paix, Gary Coleman. « Ce qui compte dans la vie c’est le bonheur, chacun de nous le trouve à son heure » : nous espérons que tu as su trouver le tien.

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