Malgré l’espoir que suscite l’émergence de nations précédemment défavorisées, force est de constater que des réflexes antidémocratiques survivent parfois. C’est ainsi le cas du Brésil, où le pouvoir trotsko-syndicaliste semble être retombé dans les travers dictatoriaux du passé en interdisant arbitrairement la consommation d’alcool dans les stades de football.
Une situation ubuesque : bière et football ne vont-ils pas main dans la main depuis la nuit des temps ?
Ce qui apparaît de prime abord comme une petite contrariété régionale devient une problème global lorsqu’on considère que le Brésil a été retenu pour organiser la FIFA®©™ Mondiale®©™ Coupe®©™ de Football®©™ 2014®©™, et que la FIFA®©™ ne plaisante jamais dès lors qu’il est question de bière, comme on a pu le voir en Afrique du Sud en 2010.

Faire boire de l’eau à un supporter de football est assimilé à une torture par la Convention de Genève.

En effet, la grande fête magique qu’est la FIFA®©™ Mondiale®©™ Coupe®©™ de Football®©™ n’est rendue possible que grâce à la générosité de ses mécènes, au rang desquels se trouve le brasseur américain Budweiser.
Or les ambitions philanthropiques de Budweiser — désaltérer une Humanité qui a soif d’avoir trop chanté — se trouvent contrariées par la loi brésilienne. C’est pourquoi Jérôme Valcke®©™, le Secrétaire Général de la FIFA®©™ actuellement en déplacement dans le pays, s’est montré particulièrement ferme avec l’hôte de l’événement sportif : « les boissons alcoolisées font partie intégrante de la FIFA®©™ Mondiale®©™ Coupe®©™ de Football®©™. Nous en vendrons. Pardonnez-moi si cela vous semble arrogant, mais c’est non négociable ».

Les autres points de contentieux entre la FIFA®©™ et le Brésil concernent le souhait du pays hôte de proposer des tarifs réduits aux étudiants et aux personnes âgées — une évidente distorsion des lois de la concurrence entre les individus — ainsi que sa réticence à durcir la loi sur la protection de la propriété intellectuelle des mécènes de l’événement.
On se souviendra à ce sujet que le Brésil s’était déjà tristement illustré dès la fin des années 1990 en violant sans vergogne les brevets sur les antirétroviraux, ce qui avait provoqué un manque à gagner de plusieurs milliards de dollars pour de nombreux laboratoires d’innovation pharmaceutique.

Quand il parle de ses projets à un dirigeant étranger, le président de la FIFA®©™ n’oublie jamais d’apporter un petit cadeau.

Le Brésil étant un pays du Sud, zone où le soleil a solidement ancré une tradition de nonchalance à tous les niveaux de la société, il n’est pas certain que la loi puisse être modifiée en profondeur d’ici le début de la compétition dans 29 mois.
La FIFA®©™ a donc décidé de mener en parallèle un lobbying soutenu auprès des instances internationales suprêmes. Ainsi, elle a proposé à l’Organisation des Nations Unies d’amender la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme comme suit :

Article 23
Ajout d’un alinéa 5 : Toute personne est libre de travailler pour se payer son putain de ticket, comme tout le monde.

Article 31
Toute personne a le droit de se procurer une roteuse homologuée bien fraîche quand elle le désire, où elle le désire. En fonction de la législation locale sur la protection des mineurs, les enfants pourront prendre un Coca®©™.

Article 32
Toute personne a le droit de créer une entreprise, de déposer une marque et d’engager ou faire engager un organe législatif pour péter les rotules de ceux qui oseront contrefaire ladite marque.

Article 33
Non, sérieux, on déconne pas sur la bière.