Les grandes évolutions sociétales sont parfois dues à des petits riens. C’est ainsi en feuilletant un catalogue de vente par correspondance afin de préparer l’arrivée du petit Kevin que la garde des Sceaux a eu une idée simple, mais que nous n’hésiterons pas à qualifier sans flagornerie de géniale fulgurance : installer un babyphone dans chaque cellule de France.

Le babyphone, c’est ce petit instrument qu’on entend dans chaque cuisine moderne quand la hotte est éteinte, et qui a permis de découvrir que les premiers mots prononcés par un jeune enfant n’était ni « maman » ni « papa », mais « crrrr crrrr ».

Les détenus sont comme de jeunes enfants : sans grande conscience du lendemain, oisifs, en permanence scotchés à l’écran de la télévision, ils sont particulièrement influençables et prompts à adopter des modes absurdes suite à la médiatisation d’un événement.
Forte de ces observations, Mme Dati relativise ainsi la vague de suicides actuelle : « c’est du pipi de chat », déclare-t-elle en rappelant qu’il y avait eu bien pire lors du procès de Michel Fourniret, lorsque 16 prisonniers s’étaient donnés la mort de peur de se retrouver en cellule avec lui.

Les occupants de nos prisons n’en font pas moins des cauchemars, et c’est regrettable.
En installant un interphone dans chaque cellule, et tous les récepteurs dans une très grande cuisine, le personnel pénitentiaire pourra donc s’assurer que tout ronronne et la garde des Sceaux pourra dormir tranquille.
Tout comme les détenus, qui sauront désormais que Mme Dati est la gardienne du sommeil de leurs nuits (ils savaient déjà qu’elle les aimait à mourir).