La Bulgarie vit ses émeutes les plus violentes depuis près de quinze ans. Les affrontements, menés par les ultra-nationalistes, ont été déclenchés samedi dernier par la mort d’un jeune homme de 19 ans dans un accident de la circulation.

Le véhicule meurtrier était occupé par des parents de M. Rashkov, figure de la communauté Rom bulgare.
Depuis la chute du communisme, et bien qu’ils arborent un violon sous le menton plutôt qu’un couteau entre les dents, les Roms d’Europe de l’Est détiennent le monopole de la menace sur la propriété privée et du meurtre d’enfants.
Les émeutes anti-Roms se sont maintenant étendues à 14 villes du pays le plus pauvre de l’Union Européenne.

Préoccupée par la situation, la place Beauvau a proposé son aide à la Bulgarie.
« La France a elle-même connu cette situation d’émeutes il y a quelques années », déclare Yves Duvelde, le porte-parole du ministère de l’Intérieur. « Nous disposons par ailleurs d’une certaine expérience dans le domaine des accidents de la route impliquant des jeunes, et nous connaissons personnellement la plupart des Roms visés. Il nous semble donc naturel et solidaire de proposer notre aide aux milices citoyennes bulgares. »

Cette aide s’inscrira dans le long terme. Il ne s’agit en effet pas, en période de crise, d’investir des ressources précieuses dans une opération sans lendemain. Un partenariat industriel est prévu entre la RATP et le gouvernement bulgare, afin de développer les infrastructures qui permettront à Sofia de faire face à la situation si celle-ci devait se reproduire.
Une ligne de tramway est ainsi envisagée. Sa destination finale est toujours en cours de discussion.