Le ministère de la défense tchèque (www.army.cz) a fait savoir hier que Jaroslav Tvrdik ne présenterait pas au gouvernement la demande d’achat de 24 chasseurs Jas-39 au consortium suédo-britannique Gripen (Saab/BAE Systems).
La commande de deux milliards de dollars avait été passée en avril. Elle prévoyait le remplacement des actuels Mig-21 tchèques, appareils soviétiques de sinistre mémoire, par une flotte actualisée de chasseurs de milieu de gamme. L’accord avait suscité la polémique en République Tchèque comme en Grande-Bretagne, où le Premier Ministre Tony Blair avait été accusé de faire du lobbying auprès du gouvernement tchèque pour favoriser l’offre Gripen. BAE Systems est l’un des principaux donateurs du Labour, le parti de Tony Blair.

Les fonds initialement alloués à cette commande seront réattribués au déblai des déchets charriés par les récentes inondations et à la remise en état des infrastructures. Avec pour objectif son entrée dans l’Union Européenne en 2004, le gouvernement tchèque tente à tout prix de respecter les contraintes budgétaires édictées par Bruxelles.

Si l’on peut admettre, et juger louable, la volonté des Tchèques de déblayer les déchets qui jonchent leurs rues, on ne peut que déplorer leur défection dans le volet aérien de la politique de défense commune. La République Tchèque est certes un joli pays, mais nous envoyer des joueurs d’accordéon éclopés en Mercedes n’est pas le meilleur signe d’une volonté d’intégration.
Tant que le gouvernement tchèque ne se sera pas clairement engagé à fournir des avions à notre souhaitable second porte-avions nucléaire qu’on veut, nous douterons sérieusement de la capacité du pays à pleinement intégrer l’Union.