Le Vice-Président Richard Cheney (news|stock) l’avait laissé entendre dimanche dernier sur NBC, c’est le Président George W. Bush (news|stock) lui-même qui l’a annoncé lors d’une courageuse allocution télévisée : Saddam Hussein est impliqué n’est pas impliqué dans la tragédie du 11 septembre 2001, et n’avait pas d’armes de destruction massive.
Le Président, modèle d’humilité rare à ce niveau de pouvoir, a tenu à s’adresser directement au peuple irakien dans sa langue, c’est à dire en prenant l’accent de Yasser Arafat lorsque celui-ci parle anglais. Voici l’intégralité de son discours :

"Irakiennes, Irakiens, bijour.
On s’est gourrés. Ca arrive. On s’excuse."

Il s’avère que la petite broutille des mois de mars et avril résulte d’une bête erreur de cases à cocher dans le système d’information de la CIA, qui repose tout entier sur des cartes à perforer recyclées.
George W. Bush a lui-même reconnu d’un franc éclat de rire que tout ceci était bien cocasse : "Mais on dirait qu’elles vont me suivre toute ma vie, ces fichues cartes !".
Car il fallait bien entendu lire Syrie, et non pas Irak, comme tous les observateurs attentifs l’auront remarqué.

L’avenir du Moyen-Orient semble donc considérablement s’éclaircir à 13 mois de l’élection présidentielle américaine : George W. Bush recevra aujourd’hui, s’il ne flotte pas trop, le roi Abdallah II de Jordanie à Camp David. Ils discuteront entre autres choses de l’avancement de la feuille de route israélo-palestinienne, de l’établissement de la démocratie dans la région, de la gestion des ressources en eau de la péninsule arabique, du nouveau Star Academy, et de l’invasion de la Syrie.
Colin Powellpoint retournera quant à lui à Bagdad dès demain avec ses petites fioles, pour une représentation unique de close-up à l’hôtel Palestine, qui sera suivie de pourparlers avec Saddam Hussein. L’innocente victime de cette erreur administrative devrait réintégrer son palais présidentiel lundi ou mardi prochain, et les Etats-Unis comme la Grande Bretagne se sont d’ores-et-déjà engagés à lui prêter leurs forces armées le temps qu’il reconstitue les siennes - une procédure habituelle les années en 3 comme on s’en souvient en Iran, au Chili, à la Grenade ou en Somalie.
Il est aussi question du don par les Raëliens de clones d’Oudaï et de Qoussaï, qui avaient été réduits en miettes au mois de juillet dernier lors d’un pénible accident de chasse survenu à Mossoul.

On se réjouit bien entendu de ces développements au Quai d’Orsay, où le flamboyant Dominique Galouzeau de Villepin a tenu une brève conférence de presse dans la nuit : "C’est pas pour semer ma zone, mais on l’avait dit en premier."
Pierre Lellouche et Hervé Mariton, qui furent les plus ardents détracteurs de l’opération de police en Irak, se rendront aujourd’hui à Washington et reprendront deux fois des Frites de la Liberté pour marquer la réconciliation franco-américaine.