Michel Sardou ne doit pas manquer, en ce jeudi, de se retourner dans sa tombe suite à la sinistre découverte qu’ont pu faire, mercredi soir, les millions de téléspectateurs de La Chaîne Parlementaire assistant médusés au vote en première lecture de la loi transposant la directive EUCD sur la protection du droit d’auteur.

Autour de minuit, alors que s’éternisaient les débats à l’assemblée, un quarteron de députés est parvenu, profitant sans aucun doute de l’obscurité et de la fatigue de leurs collègues, à imposer un amendement légalisant l’odieuse pratique déviante de l’échange de fichiers entre internautes. L’incident a aussitôt provoqué une suspension de séance, et les députés coupables ont rapidement pu être identifiés une fois les lumières rallumées.

La surprise fut grande de découvrir que figurait parmi les saboteurs la célèbre Christine Boutin, d’ordinaire considérée comme une passionaria militante du bare-sex hétérosexuel, et non comme une habituée des milieux interlopes que sont E-mule ou Bearshare.

Renaud Donnedieu de Vabre, très impliqué dans la défense de ce texte, n’a pas manqué de souligner son étonnement, même s’il avouait avoir « ouï-dire dans les couloir de l’assemblée, que Mme Boutin s’était découvert une passion récente pour la fréquentation des réseaux “paire à paire”, qui se confirme désormais ». Eric Raoult n’a pas manqué quant à lui de livrer une analyse approfondie et subtile des motivation de la députée « sans doute séduite par la sympathie de la communauté Bite-Torrent, dont le nom devait lui rappeler ses jeunes années chez les éclaireuses ».

Ces explications ne permettent toutefois pas de justifier l’injustifiable : une poignée de représentants de notre brave peuple se vautrant avec stupre dans la fange échangiste, regardant agir avec complaisance les exactions des pirates, webmasters bénévoles, rédacteurs de blogs, auteurs de logiciels libres et autres raclures subversives qui sapent un peu plus chaque jour les fondements de notre civilisation.