Société
Partager ses jouets tue
Ce qu’un grand nombre d’enfants et certains adultes ressentaient d’instinct - prêter ses jouets ça fait mal - vient d’être confirmé par le ministère britannique de la Famille (DCSF).
Dans le contexte actuel de fièvre cochonne de niveau 6 sur l’échelle ouverte de Nouf-Nouf, Nif-Nif et Naf-Naf, il est ainsi recommandé aux éducateurs anglais et gallois [1] d’empêcher les enfants de partager leurs jouets. Le virus de la fièvre cochonne est en effet très joueur lui-même et pourrait s’y accrocher, bondissant tel le séminariste psychologiquement fragile d’un bambin à l’autre et répandant la maladie à travers toutes les couches de la population.
Les enfants déjà infectés seront pris en charge par un adulte, mais celui-ci ne devra en aucun cas laisser le bambin approcher à moins d’un mètre de lui. Le séminariste psychologiquement fragile est encore essoufflé de la métaphore précédente, mais il n’exclut pas de jouer à chat-bite un peu plus tard.
Très utiles en cas d’épidémie, ces mesures pleines de bon sens ne demandent qu’à rester en vigueur quand l’alerte à la grippe A(H1N1) sera passée, au titre du principe de précaution. Nous avons en effet vu suffisamment de films édifiants sur les nombreuses maladies qui nous guettent et qui dans deux cas sur trois nous transforment en zombies. Et qui tombent toujours à l’improviste.
Les autorités se devront donc d’insister pour que la population reste en permanence sur le qui-vive et se méfie de l’Autre, qui est potentiellement pathogène.
Il s’agit par ailleurs d’une chance inespérée de faire un choix de civilisation et d’enterrer une bonne fois pour toutes un socialisme idéaliste qui n’en finit pas de murmurer ses dernières paroles : si un enfant n’a pas de jouets, ce n’est pas aux parents de ses camarades de classe que la responsabilité en incombe, mais bien aux siens qui n’ont qu’à dégotter un deuxième boulot plutôt que de pleurer à l’injustice sociale.
Après deux générations à ce rythme, la pratique devrait entrer dans les mœurs et enfin persuader les prolos que leurs enfants n’ont pas à péter plus haut que leur cul et espérer toucher un monde sur lequel ils n’ont aucun droit.
Un travail de longue haleine, donc, mais couronné par la promesse de relations sociales pacifiées à long terme.
Notes
[1] L’Ecosse bénéficie d’un régime de dévolution qui lui donne une relative indépendance vis-à-vis de Londres en matière d’affaires intérieures. Par ailleurs le génome de l’Ecossais est très proche de celui du porc et l’immunise contre la fièvre cochonne.



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