Tous les quatre ans, la planète se met à l’unisson pour partager un rêve : du soleil, des stars du stade, beaucoup de Coca-Cola et un doux frisson d’expectative au moment de voir un parkinsonien jouer avec le feu.
Pourtant, les Jeux Olympiques sont bien plus que l’occasion de regarder pendant des heures des mineures en justaucorps. Car au-delà de la performance individuelle des athlètes, cet événement mondial est une invitation au voyage : découverte de la culture du pays hôte (si vous aviez aimé les soirées paella en 1992, réservez vite pour les soirées marmite de 2012 !), foules bigarrées dans l’écran de télévision, hymnes alternationaux inintelligibles mais si pittoresques... tout est prétexte à voir du pays, mais confortablement installé chez soi.

Un plaisir interdit à ceux qui n’ont pas assez de moyens pour obtenir un crédit et acheter un écran plat 72 cm. Le Comité International Olympique, fidèle à ses traditions d’humanisme et de solidarité, a donc décidé d’offrir la possibilité de voyager aux hordes de miséreux qui voient les Jeux se tenir à quelques kilomètres de chez eux mais n’ont pas accès aux stades.
Ainsi, une enquête du COHRE (Centre on Housing Rights and Evictions) publiée la semaine dernière révèle que plus de deux millions de personnes ont eu la chance de faire bouger leur corps, et leurs meubles quand ils en avaient, depuis les Jeux de Séoul en 1988.
720000 heureux élus ont de cette manière pu quitter les rues polluées et bruyantes de la capitale coréenne. A Beijing, ce sont plus d’un million d’habitants qui ont pu profiter de cette aubaine. A Atlanta, de nombreux Afro-Américains ont retrouvé les paisibles champs de coton auxquels ils sont génétiquement prédisposés, et à Barcelone comme à Athènes des milliers de Rroms ont réappris les joies de la vie sur les routes.

Plus que jamais, l’esprit olympique est vivant et bande fort, puisqu’aujourd’hui comme hier il suffit de participer pour atteindre un paradigme gagnant-gagnant : des millions de souffreteux peu télégéniques ont découvert les joies de la vie au grand air et des milliards de téléspectateurs ont pu éviter de les voir.
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