Finies les décennies 80 et 90 où les privilégiés ont pu faire bombance en se goinfrant allègrement avec du 4 %, et ce sans aucune imposition. Adroitement piloté par un Nicolas Sarkozy très colère, ce coup-d’boule-balayette portée à un paradis fiscal qui ternissait la crédibilité d’une haute lutte contre la crise financière a grandement contribué à plus de sécurité en ces temps ou des géants de l’économie mondiale disparaissent d’un claquement de Dow. C’est qu’il fallait agir vite car la récente, mais nécessaire, démocratisation de ce produit financier, après des années de kolkhozisation aux mains des seules Banque Postale et Caisses d’Epargne, avait eu, hélas, pour terrible conséquence de mettre à la portée de tous les démons de la défiscalisation, et par là même ouvrait la porte et les fenêtres aux affres de l’insécurité financière.

Salle d’attente dédiée à l’ouverture des livrets A à la Banque Postale (photo non contractuelle)

Les exemples de ce phénomène insécuritaire de masse qui a failli conduire tout droit la planète dans le trou de la Sécu sont légion. Ainsi, Simone G., 63 ans, dangereuse épargnante, qui croyait a elle toute seule parvenir à couvrir la Bravepatrie de logements sociaux, a été une des première a ouvrir un livret A en 1981 quant le taux est passé à 8,5. Après s’être baffrée comme une folasse en ouvrant des tirelires pour sa pelletée de petits enfants, Simone a continué de se goinfrer avec du 4% jusqu’à il y a peu de temps. Simone qui, définitivement tâchée du sang des licenciements des Conti, avec du 1,75 est revenue dans le droit chemin en vidant son livret A et en contractant quelques menus emprunts pour relancer la consommation.

Mais même à 1,75, « ça arrache quand même » selon Kévin M., jeune trader de banlieue dont les parents avaient prit l’habitude de mettre 50€ hors de portée du fisc chaque 28 du mois. Kévin qui nous offre un témoignage édifiant sur des pratiques d’échappée fiscales qui lui reste encore aussi habituelle qu’un acquis social pour un syndicaliste. Ainsi, malgré la violence de l’offensive de la politique sarkozienne, la tentation reste trop grande, « surtout que c’est la crise et qu’avec cette putain de chasse aux paradis fiscaux on sait plus ou planquer son pognon. Reste que le livret A et mon joke strap CK. Bon, dans les deux cas je peux pas placer beaucoup trop non plus, parce que ça va s’voir mais c’est déjà ça ».

Boites aux lettres : un jargon de trader qui cache bien souvent une société écran qui reçoit des relevés de livret A.

C’est un fait, les résultats sont palpables, le Livret A n’est plus le placement privilégié des Bravepatriotes, et même si le Monde pleure ses morts, Nicolas Sarkozy a serré le frein à main de la Locomotive Crise. Mais il reste à faire : 1,75 cela reste beaucoup trop ! Surtout si l’on songe qu’une politique à 4% a failli conduire les bourses mondiales à plier les gaules et rentrer chez leurs mères. Cela ne doit plus se produire. Plus jamais. Il faudra donc désormais porter le fer sur les paradis fiscaux qui sommeillent en chaque Bravepatriote : combien de téléviseurs non déclarés sur notre territoire ? Combien de déclaration d’impôt avantageusement arrondies à l’euro inférieur et toujours en faveur du contribuable ? Le combat est immense, mais Nicolas Sarkozy le sait trop bien « à combattre sans périls l’on triomphe sans gloire » mais on triomphe quand même.