Giscard empoisonné ?
Valéry Giscard d’Estaing avant et après l’empoisonnement au kebab avarié qui l’a défiguré.

Depuis l’empoisonnement auquel il a réchappé mais qui l’a laissé défiguré à tout jamais, M. Giscard d’Estaing est intimement convaincu qu’il a raison, et qu’on tente de le faire taire. Cet homme de valeurs et de caractère a donc adopté la seule réaction possible pour un chef naturel : il parle encore plus fort, encore plus partout, encore plus à toute et surtout n’importe quelle occasion. Valéry Giscard d’Estaing a un message, et il compte bien le faire entendre : la Turquie ne passera pas.

Si les précédents messages de cet éternel défenseur de nos valeurs nationales avaient été peu entendus par les Français (« François Mitterrand ne passera pas », 1981 ; « les Allemands ne passeront pas », 1994 ; « le non ne passera pas », 2005), il a cette fois-ci mis toutes les chances de son côté en s’exprimant lors d’un rassemblement de l’UMP à la Mutualité, à Paris. Profitant de la présence de journalistes venus transmettre la bonne parole de Nicolas Sarkozy aux Français, il a ainsi assuré la diffusion de son discours hier soir sur France Info à 22h38, mais avant, les couleurs du ciel.

Les couleurs du ciel

L’argumentaire de l’immortel est limpide : les Turcs ressemblent beaucoup trop à des Arabes pour que ça n’en soit pas suspect ; ils adorent un faux Dieu ; la sauce blanche des kebabs est faite de sept sortes de sperme et surtout : l’adhésion de la Turquie « ne reflète pas la volonté démocratique du peuple français » (qui fut exprimée, les observateurs attentifs de la vie politique française s’en souviendront, lors de la finale de la Star Academy).
Ce dernier argument est irréfutable et donne sa légitimité au point de vue de Valéry Giscard d’Estaing, qui est par ailleurs un spécialiste de la volonté démocratique du peuple français.

L’ancien Président exige donc que la Turquie ne participe pas à un élargissement « dans le dos des Français » après le message hyper clair exprimé le 29 mai, et demande à Jacques Chirac d’abandonner le double langage et les ambiguïtés.
La solution de M. Giscard d’Estaing est simple : « il ne serait pas acceptable de maintenir le membre de phrase selon lequel "l’objectif commun de la négociation est l’adhésion". Je propose donc d’abandonner les mots "adhésion" et "Turquie" dans les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne ».

Les négociations d’ de la à l’Union Européenne débuteront formellement le 3 octobre.