Didier Kala
http://bravepatrie.com/article1106.html, jeudi 28 février 2008
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C’était la déclaration de trop, celle qu’on aurait crue ne jamais entendre dans la bouche d’un homme si roué à la manÅ“uvre des media. Et pourtant, relayée en début de semaine par le site du Parisien, elle a fait le tour du web comme une traînée à poil sur un canapé espagnol. Quelques mots, très simples, de ceux qu’on aurait pu attribuer à n’importe quel olibrius mal luné, mais certainement pas à un président de la République française.
« Mon objectif, ce serait qu’on obtienne la société des trois tiers : en cas de bénéfices, un tiers pour l’actionnaire, un tiers pour les salariés, un tiers pour l’investissement »
Et la Brave Patrie s’est réveillée sous le choc : Nicolas Sarkozy serait-il un Lambertiste infiltré ?

Certes, la rencontre avec le panel de lecteurs du tabloid francilien ne s’est pas déroulée dans les meilleures conditions : le chef de l’Etat se remettait à peine d’une ingestion déraisonnable de fromages à pâte crue au Salon de l’Agriculture. Mais tout de même : cela constitue-t-il une excuse pour proposer de valoriser capital et travail à parts égales ?
Et surtout : pourquoi l’Elysée n’a-t-il pas caviardé amendé aussi cette partie de l’interview présidentielle ?
A l’UMP on s’interroge et on peste contre l’amateurisme des conseillers élyséens. On lève dans l’ombre des doigts accusateurs, et pendant que les pauvres cons de la Lune on s’active à rattraper ce nouveau dérapage.
Sur ce dernier front, la tâche ne devrait pas être trop difficile : les Français sont actuellement en phase anale et rejettent systématiquement les propositions de M. Sarkozy, quitte à agir contre leurs instincts les plus profondément ancrés (dernier exemple en date : ne pas faire de liste de Juifs). Il y a donc peu de risques qu’une révolution prolétarienne éclate pour demander une redistribution des profits.

Néanmoins, les élus du parti présidentiel souhaiteraient que Nicolas Sarkozy y aille dorénavant mollo sur le destroy. Alors on s’organise pour trouver le nid des étranges mouches qui piquent parfois le président.
Pour Laurent Béria, un artisan photographe de Levallois-Perret et conseiller général UMP des Hauts-de-Seine, la coupable est toute désignée : « ces propos ne portent la patte ni d’Henri Guaino ni de Claude Guéant. Cécilia ne répond plus à ses textos. Christian Clavier n’est même pas dans le dernier Astérix. Non, je ne vois qu’une seule personne capable de donner des idées aussi utopiques au président. » Il préfère ne pas livrer de nom afin de préserver l’harmonie du premier couple de France, mais quelqu’un m’a dit qu’il s’agirait d’une électrice de gauche convaincue.
A la base et dans l’action aussi la grogne monte et le président risque de voir s’effriter le socle des fidèles, ceux qui ont permis son ascension dans le paysage politique bravepatriote. Lee Harvey Oswald, un militant neuilléen de la première heure, avoue qu’il a peur : « Nicolas Sarkozy, je suis prêt à donner ma vie pour lui, mais touche-moi pas à mes dividendes Eurotunnel ! »
A ces craintes très réelles de ses sympathisants les plus convaincus Nicolas Sarkozy ferait mieux de fournir une réponse réfléchie, sans quoi il risque de connaître une fin de quinquennat mouvementée, façon rodéo en Lincoln Continental décapotable.
Madame Bruni-Sarkozy, apprenez à votre époux la ballade-fadasse-à -la-guitare attitude qui a su vous gagner une place dans le cœur des Français ! Il en va de la sienne.
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MOIAUSSIVOUS CONNAIS
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