M. Déby, après avoir, déjà avec l’aide de ses amis français, chassé du pouvoir le sanguinaire Hissène Habre dit « le Pinochet Africain », instaura en son fier pays un régime exemplaire d’humanité et de liberté d’entreprendre.

Mais une telle réussite politique, surtout dans ces pays exotiques qui ne peuvent se prévaloir d’une longue expérience démocratique comme la nôtre, n’est pas sans attirer des jalousies de la pire espèce et l’apparition suspecte d’indisciplinables guérilleros récalcitrants.

Le Rebelle : une espèce surabondante dans le désert du Tchad

Alors qui sont-ils ces « rebelles » du Front Uni pour le Changement (FUC) qui cherchent à déstabiliser l’admirable Idriss Déby ?

« Il est fort probable que ce ramassis de nègres en haillons, armés de kalachnikovs de contrefaçon, ne soit qu’une bande d’oisifs du genre agricole, voire débiles légers, manipulés par l’infâme dictateur parachutiste soudanais Omar Hassan Ahmad al-Bashir » - nous confie Jean-François Bureau le porte-parole du ministère de la Défense.

Pendant que Laona Gong, le lobbyiste des FUC en France, tente d’attirer sur lui l’attention des journalistes gauchisants-droit-de-l’hommistes, le chef suprême de nos forces armées maintient la paix au Tchad en utilisant des moyens adéquats. Car notre fin stratège national a retenu la leçon irakienne que lui a cruellement donnée son homologue américain : on ne peut pas éternellement maintenir la démocratie de son choix en se contentant d’échanger discrètement des pelletées de pétrodollars de contrebande contre trois sandwichs et quelques euros tout propres ! Il faut parfois savoir mouiller sa culotte et aller au combat !

Echaudé par son Premier ministre qui lui suggérait de parachuter les stocks d’invendus de ses œuvres poétiques au cœur du désert soudanais afin de sensibiliser les dissidents à la beauté sauvage et verdoyante de la nature qui les entoure, le président Chirac a vu rouge et dégainé incontinent ses Mirages 2000.

Nos braves militaires partis défendre la démocratie et le progrès social au cœur de la savane africaine

Oui l’armée de l’air française bombarde le désert tchadien pour en éradiquer les éléments séditieux, mais quand on n’a pas les moyens de s’attaquer à un pays comme l’Iran, il faut savoir sauter sur la moindre occasion de jouer avec ses avions et le résultat est là : les insoumis éviscérés sur les marches de l’Assemblée Nationale servent de décors aux conférences de presse triomphantes du pouvoir qui se maintient en place, garant de la démocratie.
"On compte des morts par centaines côté rebelles, beaucoup de matériel a été saisi" - déclarait avec aplomb Mahamat Ali Abdallah, le Nicolas Sarkozy local.

Le président Chirac montre une fois de plus qu’il tient parole et que ses amis africains peuvent compter sur lui en toutes circonstances.