Accessoire chic et trendy, le 9/11 est depuis une petite dizaine d’années devenu indissociable de la politique intérieure américaine. Outre ses capacités fédératrices, par exemple derrière un drapeau, il permet entre autres d’avantageusement masquer les petites imperfections de la peau comme le bilan de mi- ou de fin de mandat.
Des qualités qui en font un attribut très envié par nos hommes politiques en cette période de définition de l’identité nationale et de bilan de mi-mandat, justement.
Malheureusement, l’Europe ne dispose pas encore d’un 9/11. Que faire ?

Bernard Carayon, député UMP du Tarn, croit avoir trouvé la solution : en jouant sur les idiosyncrasies des calendriers américain et commun, il est possible à l’Europe d’obtenir son propre 9/11, qui tomberait pour le coup le neuvième jour du onzième mois de l’année, soit le 9 novembre.
Aujourd’hui.
Par chance, il est possible de rattacher la date du 9 novembre à un événement d’ampleur européenne : la chute du Mur de Berlin.
Un 9/11 qui se respecte doit toutefois être un moment de recueillement dans le chagrin, aussi n’est-il pas possible d’y associer directement le moment d’immense joie qu’était le symbole de la réunification européenne. D’autant plus que la chute d’un mur pourrait créer un dangereux précédent dans l’imaginaire populaire.

C’est pourquoi M. Carayon propose d’en faire un mémorial de la douleur : « Je demande aux chefs d’Etats européens réunis aujourd’hui à Berlin de choisir la date du 9 novembre pour commémorer les victimes du communisme. Un devoir de mémoire s’impose et rassemble de manière naturelle les humanistes du continent européen. »
Une manière aussi de s’assurer que les célébrations se dérouleront dans le calme et la dignité, et que tout le monde tirera la tronche quand sera évoquée la date fatidique du 9/11.

Les humanistes du continent européen que sont nos confrères du Figaro semblent naturellement apprécier l’idée, puisqu’ils ont déjà titré 09/11 : hommage aux victimes du PC ?
Nous ne savons pas encore si PC signifie Parti Communiste ou Politiquement Correct, mais nous entrevoyons l’idée sous-jacente.