Société
La discrimination positive appliquée dès février
Témoin de l’extraordinaire climat de confiance qui règne entre l’Elysée et la place Beauvau, le Président a donné son feu vert au projet de discrimination positive que Nicolas Sarkozy devrait présenter lors de son show multimedia et gaullien, voire méga carolingien, de ce soir.
D’après nos sources au zinc du Griffon, estaminet géographiquement proche du Palais et du Ministère de l’Amour, la première étape de ce grand chantier devrait être mise en œuvre dès le mois de février, et Macouille était plus généreux sur les cacahuètes avant.
Contrairement à ce que certains media d’obédience ceaucesquienne tentent de faire accroire, la confiance entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy est au beau fixe. Elle l’a d’ailleurs toujours été, et Airparif prévoit même une alerte à la pollution sur le VIIIème tant elle augmente et monte dans les hautes pressions.
Aujourd’hui comme toujours, le Président de la République reste en effet le plus grand modèle du ministre de l’Amour, qui avoue admirer tout particulièrement ses costumes.
Dans ces conditions, il faut bien comprendre que la question de la discrimination positive, montée en épingle par des journalistes peu soucieux du respect de la vérité, émane en fait de l’Elysée, et constitue le dix-huitième grand chantier du chef de l’Etat.
Le projet de loi qui sera annoncé ce soir palliera les carences d’un système qui, à l’évidence, est inadapté à la diversité culturelle qui fait aujourd’hui la France. Il n’est que d’observer l’impunité dont jouissent les auteurs de diverses remarques qu’on peut entendre ici ou là pour le constater.
Le cabinet, dans un grand souffle réminiscent de l’Esprit de Mai, a donc décidé de mettre fin une bonne fois pour toutes à ce qui constitue la plus détestable des fractures sociales (cf Chirac Jacques, Grands chantiers, Paris, 1995) : la xénophobie.
Encore une fois ce sont les forces de l’ordre et des libertés locales qui seront à la pointe du combat : à partir du lundi 2 février, policiers, gendarmes et contrôleurs des transports publics appelleront "Monsieur" les Maghrébins, Africains, Roms, Vietnamiens, etc., et pratiqueront sur les jeunes d’apparence suspecte (la plupart des Européens, ne nous le cachons pas, et ce n’est pas être raciste que de dire cela) des contrôles d’identité fréquents - et musclés si la sécurité intérieure l’exige.
Bien que le projet de loi n’ait pas encore été déposé à l’Assemblée, des dispositions ont déjà été prises auprès d’Air Inter, qui affrètera des vols à destination de l’Alsace et de la Bretagne pour raccompagner chez eux les individus qui n’ont pas nécessairement vocation à rester en France.
Enfin, les détenteurs de patronymes à consonance peu habituelle (Chodron de Courcel, Galouzeau de Villepin, von Pericoloso der Sporgerzi, etc.) se verront soumis à triple vérification de leur compte en banque, caution parentale et casier judiciaire des grands-parents avant de pouvoir obtenir un emploi ou un logement. On ne sait jamais avec ces gens-là.
L’absence de textes législatifs garantissant un traitement égal à tous les Français (et résidents de notre Brave Patrie) étant enfin réparée par une grande grande loi, gageons que plus jamais nous n’entendrons de remarques racistes en France, au zinc du Griffon ou ailleurs.
P.-S.
Addendum 14/01 : le personnel du Griffon est en revanche particulièrement généreux sur la bibine, puisque la conférence de presse du ministre de l’Amour aura bien évidemment lieu ce soir, 14 janvier.
Avec toutes nos excuses pour cette pitoyable erreur.



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