Ni virus ni, de toute évidence, maladie génétique, le priapisme du chapon est une condition psycho-sexuelle qui affecte ces sympathiques coquelets impotents dont les Bravepatriotes sont friands. En temps ordinaire, les cas sont limités à quelques individus occupant des milieux fermés bien délimités par des gradins ou des tribunes. L’impossibilité pour le chapon de voler plus haut que les animaux qui l’entourent, mettons des bœufs, circonscrit son champ d’action et protège le reste de la population des coups frénétiques de son minuscule pénis.
Bien qu’endémique, le priapisme du chapon est ainsi naturellement contenu et ne menace que très rarement la population générale.

Le chapon priapique se déguise parfois en vache qui rit, mais on le reconnaît sans trop de difficultés.

Ce printemps 2007 risque cependant d’être différent. Un incident inquiétant a en effet eu lieu il y a une petite dizaine de jours : très occupés à observer certaine oie blanche, les chiens de garde ont semble-t-il sensiblement baissé la leur, laissant un animal infecté s’envoler dans les sondages et de là dans la nature.
S’ils ne sont pas encore prêts à tirer la sonnette d’alarme, les experts vétérinaires préviennent toutefois que le chapon en question pourrait être dangereux. Plus inquiétant, celui-ci dispose des clés d’innombrables batteries de poulets à qui il pourrait communiquer son excitation pathologique.
Si la perspective d’un cas isolé est peu préoccupante, pas besoin d’avoir abusé d’ergot de seigle pour frémir à l’idée de dizaines de milliers de gallinacés ithyphalliques. Pour infertiles et inefficaces que soient leurs organes génitaux pris individuellement, leur multiplication les rend assommants. Dans leur frénésie suicidaire pour l’espèce, ils risquent même de devenir sérieusement casse-bonbons.

Le gouvernement n’envisage pas encore de prendre des mesures drastiques, d’autant plus que le chapon priapique a une sérieuse tendance à surveiller de près les oiseaux migrateurs, ce qui est la priorité du moment. Les avantages de la situation semblent donc pour l’instant compenser la menace potentielle.
Nous recommandons toutefois à nos lecteurs de ne pas relâcher leur vigilance, par exemple en enfonçant leur tête dans une botte de foin. Pour minime qu’il soit, le risque existe que le priapisme du chapon mute et affecte l’homme. Nous pourrions alors fort bien passer le reste de notre existence à nous secouer la nouille au milieu d’un caquetage stérile et il sera alors de peu d’importance que le coquelet impotent ne vole pas plus haut que les bœufs.
Ce printemps, faites donc gaffe.