L’ouverture voulue par le président Sarkozy a franchi avant-hier une étape décisive de son développement épistémologique, et durablement gagné sa place dans le Petit Robert de la Novlangue 2010, en s’appliquant enfin à ce que certains considèrent être son antithèse mais n’est en définitive que sa part d’ombre : la fermeture.

C’est en effet Eric Besson, le ministre de l’Immigration et de l’Identité Nationale, qui a hier fait à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle la démonstration d’un système de contrôle de passages aux frontières, un domaine qui était alors dévolu aux ministères des Affaires Etrangères et de l’Intérieur.

Parafe, comme dans « Pas de Parafe ? V’là la PAF ! », est un système biométrique destiné aux ressortissants extérieurs à la zone Schengen : le voyageur entre dans un sas hermétique et ne peut en ressortir que si ses empreintes digitales correspondent à celles qu’il a volontairement fournies à une base de données dédiée.
S’il a oublié, il suffoque jusqu’à ce que mort s’ensuive.

L’ouverture de la prérogative de contrôle aux frontières aux services de Monsieur Besson a eu lieu pour plusieurs raisons :
– quand a l’identité nationale, c’est jusqu’au bout des doigts ou pas du tout ;
– M. Kouchner a encore quelques scrupules humanistes ;
– M. Hortefeux aurait sans doute demandé avec facétie si les senseurs étaient configurés pour lire les empreintes des mains noires de charbon de ses amis bougnats, et franchement on n’a pas besoin de ça tout de suite ;
– ça permet de considérer toute personne extérieure à Schengen comme un immigré putatif, ce qui facilite la classification des espèces.

Enfin, M. Besson est depuis des lustres LE grand spécialiste du doigt, comme en atteste la vidéo ci-dessous :

Félicitations, Monsieur le Ministre ! Vous avez avant-hier fait don de votre doigt à la France, cela prouve votre détermination à suivre vos glorieux aînés et un jour faire don de votre corps !